Ne manquez pas de découvrir la série de vidéos Illustrated Music, présentées par Tom Johnson !

Solmisation

Pour un '''Ouvroir de création Musicale Potentielle'''
Aller à : navigation, rechercher

La solmisation est le procédé qui consiste à nommer les notes de musique par des syllabes prononçables. Dans le cadre d’une écriture sous contraintes, ce procédé devient intéressant à partir du moment où les syllabes en question sont incluses dans la musique elle-même, par exemple sous forme de paroles.

Classification

Cette contrainte est considérée comme littérale, en ce qu’elle assujettit le choix des notes à des choix de dénomination.

Il convient toutefois de distinguer cette contrainte, qui repose sur l’emploi de syllabes prononçables, du codage de mots qui fait correspondre des notes et des lettres (voir ci-dessous).

Corpus

La solmisation peut être employée avec différents corpus de noms de notes ; on privilégiera en général les notes romanes (do ré mi fa sol la si), mais d’autres corpus peuvent être utilisés.

Le nom de nos notes de musique remonte à Guido d’Arezzo, qui se serait inspiré d’un hymne à Saint-Jean-Baptiste (le do ayant été ajouté par la suite). Cependant il a également été suggéré que ces noms pourraient en fait remonter à la civilisation Arabo-musulmane (voir ci-dessous).

Variantes d’autres pays

  • Beaucoup de gammes européennes s’écrivent avec des lettres, parfois augmentées d’une voyelle pour les notes altérées (voir ci-dessous). En voici une liste complète, ou peu s'en faut.
  • sa re/ri ga ma pa dha ni — méthode hindoue dite « sargam », plus ancienne forme connue de solmisation.
  • dāl rā' mīm fā' ṣād lām tā' — méthode arabe dite « Durar Mufaṣṣalāt » (درر مفصّلات, c’est-à-dire les "perles séparées") dont il a été suggéré qu’elle pourrait être à l’origine des notes romanes.
  • pa vu' ga di ke zo ni — méthode byzantine, inspirée des lettres de l’alphabet grec.
  • ha ni ho he to i ro — méthode japonaise.
  • ji ro lu [pi] ma nem — méthode indonésienne.

Variantes historiques

  • psal-li-tur per vo-ces is-tas (Bartolomé Ramos de Pareja, 1482)
  • bo ce di ga lo ma ni (Hubert Waelrant, 1550 — méthode dite « bocédisation » ou encore « bobisation »)
  • do re mi fa so la ti (John Curwen, 1858 — méthode dite « tonic sol-fa »)

Variantes chromatiques

Le système habituel présente l’inconvénient de n’être adapté qu’aux degrés diatoniques de la gamme. Une solution serait de faire varier les voyelles de ces syllabes afin d’indiquer les notes altérées.

  • Daniel Hitzler (1628) propose d’indiquer les degrés abaissés par la voyelle e et les degrés élevés par la lettre i, ce qui donne une gamme de type ce ci de di/me mi fe fi ge gi le be bi ce — méthode dite « bébisation ».
  • Otto Gibelius (1659) propose un système équivalent, mais fondé sur les notes romanes : do di re ri/ma mi fa fi sol si/lo la na ni do.
  • Carl Heinrich Graun (1750) proposera encore un autre système : da me ni po tu la be — méthode dite « daménisation ».
  • Carl Heitz (1892) propose également un système par lettres avec adjonction de voyelles variables : bi, to, gu, su, la, fe, ni, bi.
  • Le violoncelliste Paul Tortelier proposa en 1965, dans son livre Solmisation contemporaine, d’harmoniser les voyelles du nom des notes en a pour les notes naturelles, en é pour les dièses et en o pour les bémols (ainsi que i et on, respectivement, pour les doubles-dièses et double-bémols), la note «sol» étant pour plus de clarté remplacée par la consonne «g». Ainsi, la gamme naturelle deviendrait da ra ma fa ga la sa da, et la gamme de blues sur do se chanterait alors : da mo fa fé ga so da.


Variantes non-octaviantes

Toutes les échelles précédentes ont en commun de se répéter à l’octave. Cependant, des systèmes non-octaviants ont existé longtemps avant l’avènement des gammes que nous connaissons : dès le VIe siècle, Boetius nommait les notes sur deux octaves avec les lettres de A à P.

Utilisation

Nombre de compositeurs se plaisent à repérer, dans la musique vocale, les syllabes qui pourraient constituer des noms de notes, et à mettre en musique lesdites syllabes sur les notes auxquelles elles pourraient correspondre.

Une dérivation de ce procédé consiste à interpréter littéralement tous les mots pouvant se rapporter à la musique. (Voir l’article Métachant.)

Exemples

  • Le système Tortelier (voir ci-dessus) a donné lieu à un atelier d’invention de chansons (dûment baptisé La logorhée des mal-aimés par notre oulipote Gilles Esposito-Farèse), animé le 9 juillet 2016 à l’occasion des premiers «Jeux Oulipiques d’Été». Voici les travaux réalisés à cette occasion par les participant-e-s.

Voir aussi

Bibliographie