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Solmisation inverse

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La solmisation inverse est un procédé littéraire qui consiste à intégrer dans un texte des syllabes pouvant correspondre à des noms de notes. Dans sa forme la plus stricte, cette contrainte oblige à n’utiliser aucune syllabe qui ne puisse être prise pour un nom de note.

Classification

Cette contrainte littérale est l’inverse de la solmisation, qui consiste à chercher dans un texte existant tous les noms de note pouvant s’y trouver.

Utilisation

Si elle est d’ordre avant tout littéraire, cette contrainte peut présenter quelque intérêt pour le compositeur OuMuPien qui voudrait mettre en musique de tels textes. Au moment de la rédaction, en effet, les syllabes ne sont choisies par l’auteur que pour leur sens ou leur sonorité, et non pour les notes auxquelles elles peuvent renvoyer ; au compositeur, ensuite, de leur donner du sens.

Exemples

  • Dans Langage cuit (1923), Robert Desnos propose le texte suivant :

Là ! L’Asie. Sol miré, phare d’haut, phalle ami docile à la femme, il l’adore, et dos ci dos là mille a mis ! Phare effaré la femme y résolut d’odorer la cire et la fade eau. L'art est facile à dorer : fard raide aux mimis, domicile à lazzi. Dodo l’amie outrée !

  • De même, l’on connaît le Fado de Louise de Vilmorin dans Alphabet des aveux (1953) :

L’ami docile a mis la
Fade au sol ciré la sole
Ah ! si facile à dorer

Récit d'eau
Récit las
Fado
L’âme, île amie

S’y mire effarée

Comme nous le signale notre oulipote Gilles Esposito-Farese, l’exemple ci-dessus peut donner lieu sans trop de mal à une transcription musicale.

  • L’Art effaré, opéra inachevé de Georges Perec, repose entièrement sur un procédé de solmisation inverse.

Voir aussi