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Saturation de tessiture

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La saturation de tessiture est une contrainte qui consiste à devoir utiliser la totalité des notes pouvant être jouées par un instrument donné, sur un laps de temps donné. Lorsqu’elle est appliquée strictement, cette contrainte impose de donner non seulement toutes les notes disponibles, mais également de les donner chacune un même nombre de fois.

Classification

Cette contrainte relève des tessitures instrumentales, tout comme sa contrainte inverse (voir l'article restriction de tessiture).

Au contraire de beaucoup de contraintes Oumupiennes qui reposent sur une raréfaction du matériau musical disponible, cette contrainte repose sur une saturation de l’écriture.

La saturation de tessiture peut s’accomplir sous forme de clusters, d’accords ou même sous forme monodique (elle implique alors une vélocité maximale, voire synthétique comme dans le Black MIDI ou l’exemple de Nancarrow ci-dessous).

Dans beaucoup de cas, la musique saturée s’exprime sous forme de trames, non sans produire un effet hypnotique ; en cela, il est possible d’établir un parallèle avec certaines formes de minimalisme.

Utilisation

Cette contrainte dépend de l’instrument choisi et de son étendue. Beaucoup de notes extrêmes sont difficiles à atteindre et imposent donc de se fixer une limite arbitraire (par exemple le suraigu de la Grande Flûte). Ainsi, une pièce pour alto sera légèrement moins difficile à « saturer » qu’une pièce pour violoncelle.

Les deux critères déterminants de cette contrainte sont évidemment de savoir si l’on doit l’appliquer strictement, et de déterminer sur quel laps. L’exemple le plus extrême serait sans doute une pièce pour piano à trois temps dans laquelle, dans chaque mesure, l’on doit faire entendre chacune des quatre-vingt huit notes du piano.

Naturellement, les musiques de synthèse offrent des possibilités de saturation nettement supérieures à la musique instrumentale ; voir à ce titre la pratique dite du Black MIDI.

Exemples

Les premiers exemples de saturation délibérée (quoique non stricte) sont sans doute à chercher dans les travaux de Conlon Nancarrow (1912 -- 1997), qui expérimenta des pratiques de saturation d’abord pour pianiste humain puis pour piano automatisé.

Voir aussi