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Folia

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La folia (parfois intitulée Folies d’Espagne) est un motif musical dont l’utilisation jalonne tout l’histoire de la musique occidentale depuis au moins le XVIe siècle. Il a donné lieu à plusieurs milliers de variations, qui tracent une carte assez fidèle de l’évolution des goûts et des styles.


Aperçu historique

Les origines de la Folia sont relativement mal connues. Nous savons tout au plus que son histoire débute non pas en Espagne, mais au Portugal entre le XVe et XVIe siècle. L’hypothèse d’une influence africaine ou orientale a également été soulevée — l’on note également l’existence d’un air populaire du même nom sur les îles Canaries.

Il convient toutefois de signaler que les enchaînements harmoniques sur lesquels repose la Folia étaient très répandus en Italie et en Espagne dès la fin du XVe siècle ; d’ailleurs l’une des plus anciennes versions connues se trouve dans le manuscrit espagnol du Cancionero de Palacio, vers 1500.

Le thème se diffuse ensuite très rapidement en Europe occidentale, puisqu’on le trouve sous sa forme canonique dès 1618 en Angleterre. La Folia aurait même joué une influence décisive sur la musique populaire... suédoise !

C’est dans la seconde moitié du XVIIe siècle que le motif trouve son nom (Lully l’utilise dans un air de hautbois en 1672, sous le titre de Folies d’Espagne qui lui restera) et connaît un engouement sans précédent, à tel point que De Visée s’en amuse :

on ni trouvera [dans son dernier livre pour guitare] point non plus de folies d'Espagne. Il en court tant de couplets dont tous les concerts retentissent, que je ne pourois que rebattre les folies des autres.

La version la plus connue restera peut-être celle de Corelli, qui publie en 1700 des variations pour violon dans sa sonate op. 5 n°12.

De façon inattendue, le motif survivra à la fin de l’époque baroque et influencera, parfois de façon inconsciente, les compositeurs jusqu’aux siècles suivants : on en découvre notamment des traces chez Beethoven, puis Liszt.

À ce jour, plus de 1200 compositeurs ont été recensés, dont l’œuvre porte la marque de la Folia.


Construction

La Folia est primordialement un ground, c’est-à-dire une basse obligée et la suite d’accords qui l’accompagne. Il ne s’agit donc pas d’un « thème et variations », même si certains compositeurs le traitent comme tel à partir de la fin du XVIIIe siècle (l’on pensera notamment à l’opus 42 de Rachmaninoff, présenté comme des Variations sur un thème de Corelli).

Le rythme du motif (et surtout, de la basse) indique une danse lente, à trois temps, probablement de type passacaille. La danse d’origine était probablement moins compassée que celle que nous connaissons, puisque des sources anciennes indiquent qu’il faut chercher l’origine du titre dans le fait que la danse était inlassable et la musique très forte, au point de faire basculer les danseurs... dans la folie.

De même, la caractérisation tonale du morceau est incertaine à l’origine, remontant à une époque où le langage tonal n’était pas encore pleinement imposé ni théorisé. Certains ont pu voir en la Folia une écriture en mode dorien ; il n’en demeure pas moins que les degrés de tonique et de dominante sont clairement affirmés.

La structure du motif est d’ordre binaire, avec une correspondance entre les huit premières mesures et les huit suivantes, et une forme en miroir au sein même de chacune de ces phrases.


Voir aussi

Bibliographie