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Codage de mots

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Le codage de mots est un procédé d’écriture qui consiste à faire correspondre une lettre à une note, et partant d’écrire des mots avec des groupes de notes.

Classification

Toutes les contraintes de ce type peuvent être qualifiées de littérales, en ce que l’écriture musicale ne s’intéresse ici aux notes que pour les lettres auxquelles elles renvoient.

Utilisation

Toute la question est de savoir quel système de codage l’on utilise.

La notation germanique, batave et anglo-saxonne apporte une réponse commode pour le début de l’alphabet — c’est-à-dire les lettres jusqu’à G, voire H en allemand. Il est également possible d’ajouter quelques autres notes au moyen de subterfuges astucieux (S pour Es, c’est-à-dire mi bémol).

Il faut cependant bien ajouter le reste de l’alphabet. Plusieurs systèmes existent pour cela :

  • système diatonique : une fois arrivé à la fin de la gamme standard, on prend les mêmes notes dans le même ordre et on recommence.
  • système chromatique : une fois arrivé à la fin de la gamme, on ajoute les degrés chromatiques (« touches noires ») manquants, jusqu'à épuisement — puis l’on recommence.
  • système chromatique non-octaviant : une fois arrivé à la fin de l’échelle total-chromatique comme ci-dessus, on change d’octave puis l’on recommence.

Exemples

Comme nous l’indiquons dans notre historique potentiel, l’exercice (souvent mondain) qui consiste à rendre hommage à une personne en rédigeant une pièce « sur son nom » a été fort à la mode depuis le XIXe siècle et même avant. Cependant, les systèmes de correspondance notes-lettres employés ne brillent pas par leur cohérence :

Lettres-notes Ravel.png

... Mais une dizaine d’années plus tard, il utilisera la notation anglaise (B = si naturel) dans sa Berceuse sur le nom de Fauré !

  • En 1928, Arthur Honegger propose l’alphabet suivant dans son Hommage à Albert Roussel pour piano, écrit pour les soixante ans du compositeur. Honegger tente de discriminer les dièses et bémols, mais aussi les différentes octaves — même si en pratique, il utilise de nombreuses enharmoniques et quelques octaviations (ainsi, le E apparaît successivement comme un mi grave puis aigu). On notera également l’absence du W, qui n’était pas encore pleinement intégré à l’alphabet français à cette époque.
Lettres-notes Honegger.png
  • Henri Dutilleux, dans ses Trois strophes pour violoncelle sur le nom de Paul Sacher en 1976, utilise une échelle encore différente (intégrant le mi bémol déjà cité).
Lettres-notes Dutilleux.png
  • Voici encore une autre échelle utilisée de temps en temps par un membre de l’Oumupo.
Lettres-notes VV.png