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Chansonnée

Pour un '''Ouvroir de création Musicale Potentielle'''
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La chansonnée est un exercice inventé à l’Oumupo par Martin Granger, inspiré de la pictée pratiquée par l’Oupeinpo et la textée de l’Oulipo.

Historique

C’est à l’Oupeinpo (Ouvroir de Peinture Potentielle) qu’a été initialement proposé le jeu de la pictée, au début des années 2000. Voici comment le décrit Olivier O. Olivier :

La Pictée consiste à décrire une peinture ou un dessin en termes non figuratifs à des participants qui en ignorent la nature. Cet exercice peut être pratiqué dans toutes les écoles des Beaux-Arts, de même que, dans les écoles primaires et les collèges, la dictée contribue à l'enseignement de l'orthographe. On peut le considérer aussi comme un genre littéraire. Enfin, on peut le prendre comme un jeu.

Et d’ajouter que

le but n'était pas que les joueurs reproduisent le sujet proposé : il s'agissait plutôt de réaliser chacun une oeuvre différente.

Par la suite, l’exercice est adopté par l’Oulipo (et plus spécifiquement, semble-t-il, dans l’émission radiophonique des Papous) sous forme de « textée ». Il change alors sensiblement de nature puisque, au texte-souche et au texte résultant, s’ajoute un troisième texte (le plus souvent écrit, et parfois même rédigé avec beaucoup de soin) : celui que constituent les instructions à suivre.

En 2014, Martin Granger propose à l’Oumupo un exercice similaire, qu’il baptise chansonnée (ou simplement sonnée dans un premier temps).

Utilisation

Comme nous l’avons vu, ces exercices nécessitent au moins deux participants : le premier choisit un texte-souche et établit une feuille de route ; le second applique les instructions fournies pour créer une nouvelle œuvre.

Comme son nom l’indique, la chansonnée s’applique plus volontiers à un morceau vocal qu’à de la musique purement instrumentale. Cela présente l’avantage de rendre l’exercice plus intelligible à un public non-musicien (particulièrement lorsqu’il s’agit d’une chanson très connue, et dont le dévoilement à la fin du jeu est donc d’autant plus frappant) ; cependant, cela peut aussi facilement conduire à se concentrer essentiellement sur les paroles et à laisser l’aspect musical (mélodie, harmonie, rythme) au second plan.

De fait, l’écriture musicale pose aussi des problèmes dans l’établissement de la feuille de route : comment décrire la mise en musique de façon à la fois succincte, contraignante mais suffisamment vague ? Parmi les pistes explorées à ce jour :

  • décrire l’accompagnement mais non la mélodie (éventuellement sous forme de grille d’accords)
  • décrire les mouvements de la mélodie mais non son rythme. Plusieurs méthodes ont été testées : Martin Granger a utilisé la notation +/-/= parfois employée dans certains dictionnaires de thèmes (mais cette notation s’avère trop imprécise) ; Valentin Villenave a enrichi cette notation en y précisant si les intervalles étaient disjoints ou conjoints. Un inconvénient de cette méthode est aussi qu’elle revient à dicter le nombre de notes (et donc de syllabes) plutôt que de le laisser libre.
  • Noter uniquement le rythme (et éventuellement la ponctuation -- staccato/legato) et laisser la mélodie non-contrainte.

L’intégration même, au sein d’une même feuille de route, de la description des paroles et de celle de la musique, pose des problèmes. Il nous semble préférable de privilégier la granularité la plus fine possible (par exemple en décrivant la musique vers par vers plutôt que par strophe, couplet ou pour l’ensemble de la chanson). On pourrait même imaginer (mais cette piste n’a pour l’instant pas été testée) que la feuille de route soit elle-même une chanson, ou un texte scandé.

Classification

Ce jeu se rattache aux expériences d’écriture collective menées par l’Oumupo. En un sens, il s’agit également d’une réécriture, quoique distante et à l’aveugle.

Exemples

Voici quelques-unes des chansonnées réalisées à ce jour par deux membres de l’Oumupo :