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Centon

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Le centon est, à l’origine, une forme poétique consistant à rédiger un texte en juxtaposant des vers tirés de différentes œuvres pré-existantes (par exemple les chants d’Homère ou de Virgile).

Classification

De par son origine, ce procédé se rattache aux autres exercices oumupiens inspirés de formes littéraires et préalablement étudiés par l’oulipo. De fait, François Le Lionnais se réfère au centon dès 1962 dans le premier Manifeste de l’Oulipo :

La tendance analytique travaille sur les oeuvres du passé pour y rechercher des possibilités qui dépassent souvent ce que les auteurs avaient soupçonne.
C'est, par exemple, le cas du centon qui pourrait, me semble-t-il, être revigoré par quelques considérations tirées de la théorie des chaînes de Markov.

(À notre connaissance, ce travail reste encore à effectuer à ce jour.)

Le verbe centonisation a parfois été employé pour décrire le procédé qui consiste à créer du sens à partir de fragments exogènes.

Utilisation

Dans son application la plus stricte, le centon oblige à :

  • n’utiliser que des fragments de même longueur
  • les inclure sans aucune modification de hauteurs ni de rythme (la transposition peut éventuellement être autorisée)
  • ne pas ajouter le moindre élément d’accompagnement ou de transition.

Pour les besoins de cohérence ou d’expressivité du discours musical, il est évidemment possible de circonvenir l’une ou l’autre de ces règles. Mais l’on sort alors d’une contrainte stricte.

Le choix du corpus-souche est évidemment capital. Des œuvres proches structurellement et stylistiquement (par exemple une douzaine de menuets du milieu du XVIIIe siècle, comme dans le Jeu de dés attribué à Mozart) rendent l’exercice plus facile quoique moins intéressant ; cependant des œuvres fortement marquées esthétiquement dans plusieurs directions très différentes induisent un risque de patchwork stylistique amusant quoiqu’anecdotique.

Exemples

  • Le pape Grégoire I (auquel la légende attribue l’invention du chant dit « grégorien ») aurait assemblé un recueil alphabétique de chants religieux, que son biographe Jean-le-Diacre désigne, au IXe siècle, sous le nom d’Antiphonaire-centon. Il s’agit cependant d’une simple compilation plutôt que d’un centon à proprement parler.
  • Un millénaire et demi plus tard, Martin Granger s’inscrit dans les traces de Grégoire Le Grand en inventant pour son groupe vocal Trois jeunes tambours quelques centons musicaux, dont la continuité résulte cependant davantage des paroles que de la mélodie. En voici un exemple mémorable.

Voir aussi