Ne manquez pas de découvrir la série de vidéos Illustrated Music, présentées par Tom Johnson !

Catalogue

Pour un '''Ouvroir de création Musicale Potentielle'''
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Le catalogue est une forme musicale qui consiste à recenser toutes les possibilités de réponse à un problème donné, et à les exposer dans un ordre logique, de la première à la dernière.


Classification

Cette forme musicale relève de l’écriture combinatoire, poussée à sa forme la plus pure : aucun élément non-nécessaire n’est ajouté à la liste de combinaisons musicales strictement gouvernée par le problème de départ. La partition qui en résulte est entièrement prédictible, et ne contient en principe aucun élément imprévu.

De même, chaque item doit être présenté sans variations supplémentaires (de rythme, nuances ou autre). Il peut être clairement distinct du précédent (séparé par un silence ou une valeur longue), ou éventuellement s’enchaîner.

Utilisation

Le problème de départ peut se formuler sous forme d’une question logique ou mathématique (voire d’une équation) qui n’admet qu’un nombre fini de solutions possibles — ne serait-ce que du fait des limites de la tessiture instrumentale disponible.

L’ordre dans lequel les solutions sont présentées peut être une simple énumération séquentielle, ou obéir à une logique plus complexe (par exemple la polygraphie du cavalier ou toute autre progression logique hamiltonienne).

Historique

Si cette forme est profondément liée au courant minimaliste (voir ci-dessous), on peut en trouver quelques précurseurs — involontaires — dans le répertoire instrumental des siècles précédents. Ainsi de certaines variations très nombreuses, procédant par une progression logique (par exemple, en diminutions rythmiques : une variation en croches, puis la variation suivante en double-croches, puis la variation suivante en triple-croches).

Un autre style de catalogue musical se trouve dans le répertoire pédagogique et technique : par exemple dans certains des Exercices pour piano op.51 de Brahms, qui progressent par transposition systématique (diatonique, modale ou chromatique).

La spécificité du catalogue au sens où nous l’entendons ici, réside dans sa radicalité et son refus de tout élément étranger à la contrainte de départ — là où, dans les œuvres du répertoire, les effets d’écriture systématique sont en général limités à des formules d’accompagnement ou d’introduction. Ainsi, l’on pourrait imaginer de transformer le prélude en mi mineur op.28 n°4 de Chopin en enlevant la main droite, ou encore le deuxième concerto de Rachmaninoff en ne gardant que les cinq premières mesures et en complétant leur progression.

Exemples

L’un des premiers «Catalogues» affirmés comme tels est sans doute le Chord Catalogue (catalogue d’accords) présenté par Tom Johnson en 1985 (dont la partition est disponible gratuitement), qui permet d’entendre tous les accords réalisables dans l’étendue d’une octave (inclusive) — typiquement, l’octave centrale d’un clavier de piano : 78 double-notes, 286 triple-notes, 715 accords de quatre sons, 1287 accords de cinq sons, 1716 accords de six sons et autant de sept sons, 1287 accords de huit sons, 715 accords de neuf sons, 286 accords de dix sons, 78 accords de onze sons, 13 de douze sons, et 1 seul accord de treize sons possible (cluster chromatique). Cette pièce était jouée par Tom en une heure environ, à un tempo déjà rapide ; Samuel Vriezen (voir ci-dessous) détient le record, qui parvient à l’exécuter en moins de 30 minutes.

Plusieurs œuvres ultérieures de Tom Johnson suivent une logique similaire : Block Designs pour piano, etc.

Dans cette même filiation, le compositeur néerlandais Samuel Vriezen (né en 1973) propose des œuvres similaires : par exemple Within Fourths/Within Fifths pour piano (2006), dont la partition est également disponible.

  • La partition 32 brut, écrite pour quatuor à cordes en 2014 par Martin Granger, est également un exemple de catalogue, quoique beaucoup plus bref.
  • L’exemple de Black MIDI qui nous a été envoyé en juin 2016 par notre contributeur Gilles Esposito-Farèse (de la Liste Oulipo) est un autre exemple (qui réinvente même, quoiqu’involontairement, le catalogue d’accords de Tom Johnson).

Voir aussi